top of page
Rechercher

Résignation ou acceptation ?La différence qui change tout.

  • Photo du rédacteur: Frédérique Giacomoni
    Frédérique Giacomoni
  • il y a 1 heure
  • 4 min de lecture

Par Frédérique Giacomoni, Psychiatre-Psychothérapeute, Co-fondatrice de Thémisia-Gioia 

 

 

 

Quand on vous dit “Lâche prise, accepte…”, avez-vous remarqué comme, souvent, cela vous fait l’effet d’un couvercle plutôt que d’une libération ?Beaucoup confondent résignation et acceptation.

Cette confusion, souvent entretenue par des injonctions simplistes comme « Accepte ! Lâche prise ! », mérite d’être clarifiée.

 

 

Qu’est-ce que la résignation ? :

 

Ces conseils signifient le plus souvent : « Fais contre mauvaise fortune bon cœur et passe à autre chose. »

Le sous-texte implicite ? « Je n’ai pas de solution à ton problème, alors arrête d’en parler : cela me confronte à mon impuissance et m’agace. »

La résignation est une posture passive qui conduit à la dépression. Se résigner, c’est faire le dos rond, se taire, serrer les dents face à l’impuissance. À force, on se ratatine intérieurement.

 

Comment la résignation se maquille en “raisonnable” :

 

Notre mental, maître dans l’art de tisser des récits, fabrique un scénario crédible pour nous convaincre que cette soumission est souhaitable, voulue, voire vertueuse. On s’habitue à tout. De proche en proche, la résignation devient habitude, et notre tête nous persuade que c’est cela, « accepter » – être « raisonnable ».

 

Résignation : le prix caché à payer :

 

Abdiquer son pouvoir personnel au profit d’autrui, se conformer, cesser de penser, fuir sa responsabilité : cela engendre amertume, puis désespoir. Le confort initial – éviter le conflit – se transforme peu à peu en fiel corrosif qui use le psychisme. La résignation cultive ainsi la posture de victime impuissante, avec ses émotions toxiques : colère refoulée, rancune, aliénation, jusqu’au désespoir.

 

L’acceptation : posture active et libératrice

 

Rien n’est plus opposé à la résignation que l’acceptation.

 

Accepter, c’est dire « oui » – consentir pleinement au réel tel qu’il est. Le piège courant ? Associer ce « oui » à un accord joyeux ou à un plaisir immédiat. Or, en psychologie, accepter signifie avant tout « faire avec » : accueillir sans lutter inutilement contre l’inévitable. Accepter ne veut jamais dire approuver l’injustice ou rester passif. C’est cesser de gaspiller de l’énergie contre ce qui est déjà là, pour mieux agir là où nous avons encore un pouvoir.

Cette définition change tout. Contrairement à la résignation passive, l’acceptation est un choix conscient et actif. Elle invite à embrasser ce qui est – même douloureux – sans résistance stérile qui épuise nos forces.

 

Le « oui » transformateur

 

Ce « oui » n’est ni intuitif ni facile. Il demande du courage : oui, même si je ne suis pas content ; oui, même si ce n’est pas ce que je souhaitais ; oui, même si je ne comprends pas encore. Ce consentement engagé libère une énergie nouvelle. Il désamorce la souffrance auto-infligée par le refus et ouvre l’espace intérieur à la paix.

 

Le retournement : de la passivité à l’action

 

Le passage de la résignation passive à l’acceptation active n’est pas intuitif. Cela demande de sortir des conditionnements qui maintiennent l’ego souffrant. Chaque conditionnement – réactions viscérales, peurs ancestrales, attentes sociales – représente une perte de liberté : nos choix sont guidés par l’habitude automatique, non par une réflexion consciente.

Briser ce cercle vicieux exige une pause : observer ses impulsions sans y céder, respirer dans l’instant présent, questionner « Est-ce utile ? Aligné ? ». C’est un travail quotidien de désidentification : « Ce n’est pas moi qui réagis ainsi, c’est un vieux programme. »

 

Vers la croissance et l’action créative

L’acceptation n’est pas fin en soi : elle pave la voie à une action créative alignée sur ses valeurs profondes. Une fois le réel accueilli et les conditionnements débusqués, on agit avec clarté et force, sans gaspiller d’énergie en révolte vaine.

 

Exemple concret : Face à un licenciement injuste, la résignation murmure « C’est fini, je subis ». L’acceptation dit « Oui à cette réalité, et maintenant ? » – puis mobilise ses talents pour rebondir avec créativité, libérée des chaînes de l’habitude.

 

L’acceptation transforme l’adversité en terreau fertile : elle restaure la souveraineté intérieure et propulse vers une vie plus authentique.

 

Se libérer des conditionnements : sans ce travail, l’acceptation reste une théorie

 

L’acceptation – ce « oui » transformateur – s’approfondit dans la libération des conditionnements. Sans ce travail, elle stagne en tolérance passive. Avec lui, elle devient alchimie vivante.

Cette discipline personnelle soutenue – méditation, respiration consciente, journaling introspectif, par exemple – ancre l’acceptation dans le concret. Le calme intérieur est indispensable : le bruit du mental empêche la prise de recul et rend l’acceptation superficielle.

Elle permet de se désidentifier progressivement de nos peurs : « Ceci est une peur, pas moi. » Ainsi, on peut mourir à tout ce qui nous tue – attachements toxiques, rôles imposés, illusions de contrôle. Ce « petit mourir » libère l’espace vital.

 

Ouverture au renouveau

 

Privé des chaînes du passé, l’être agit depuis sa source authentique : créatif, aligné, résilient. L’adversité devient maître exigeant, non ennemi. Adversaire pour l’amélioration réciproque, jamais ennemi pour l’anéantissement.

 

Résignation et acceptation s’opposent comme l’ego enchaîné à l’âme souveraine.

L’une paralyse, l’autre transmute l’adversité en terreau fertile pour une vie authentique.

Là où la résignation éteint la joie profonde, l’acceptation, elle, rouvre l’accès à cette boussole intérieure qui sait ce qui est juste pour nous. 

 

 

 

 
 
 

Commentaires


bottom of page