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Le Mal suisse. Les narratifs étrangers. Conclusion

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Thémisia Gioia
il y a 17 heures
14 min de lecture

Partie Trois

 


Par Jean-Pierre Vettovaglia, ancien Ambassadeur, essayiste,

conférencier et administrateur de banque (Genève)


Le gouvernement suisse a déjà su assurer dans le passé la politique étrangère du pays et sa survie économique dans les conditions les plus critiques. Autrement plus critiques qu’aujourd’hui. Les grandes puissances devraient s’attendre à ce que la Suisse pratique sa neutralité honnêtement sans aucun préjugé et en toute impartialité. Elles ont vite remarqué les faiblesses de l’actuel Conseil fédéral et sa moindre résistance aux pressions, une glissade insensible mais inéluctable vers la médiocrité.

 

La Suisse n’y tient plus d’être petite et coincée chez elle. Julien Benda expliquait déjà en 1927 que les hommes dont les fonctions étaient de défendre des valeurs ont trahi ces fonctions au profit d’intérêts pratiques.

 

Ce n’est pas la première fois.  Chateaubriand en parlait déjà à Lucerne en 1832 : « Que demande la Suisse ? la liberté ? elle en jouit depuis quatre siècles ; l’égalité ? elle l’a ; la république, c'est sa forme de gouvernement ; … que veut-elle donc ? elle veut changer, c’est la loi des êtres. Quand un peuple, transformé par le temps, ne peut plus rester ce qu’il a été, le premier symptôme de sa maladie, c’est la haine du passé et des vertus de ses pères ».

 

La sous-secrétaire d’État à la sécurité Pälvi Pulli, (depuis « démissionnée ») parlait de la neutralité comme d’une « pierre dans sa chaussure », un problème gênant qui dérange dans la politique de tous les jours. L’ancienne cheffe de RUAG ne disait pas autre chose. La Suisse veut être dans la presse mondiale, parmi les puissants au Conseil de sécurité, à Lugano, au Bürgenstock, à la présidence de l’OSCE… La Suisse a un regret : celui de ne pouvoir vendre des armes à l’Ukraine comme tout l’Occident… une raison de plus pour ne plus être neutre. La neutralité les dérange…la Suisse de hier et d’aujourd’hui est fatiguée d’être la Suisse. Il lui reste une solution : pousser la collaboration avec l’OTAN et Bruxelles…développer la collaboration internationale…envoyer des troupes pour surveiller un cessez-le-feu en Ukraine, refaire ailleurs le coup de la KFOR, entrer dans l’UE pour faire entendre sa voix précieuse sur le futur de l’architecture européenne, avoir la joie d’être élu au Parlement européen, d’avoir un jour un commissaire, de présider une commission, …peut-être « la » commission ? On peut toujours rêver…

 

Qu’arrive-t-il à un petit État se plaçant imprudemment dans la main des Grands ? Quel sera alors son grand destin ? Bien sûr que la Suisse fait partie de l’Occident à tous les égards. Son intérêt vital à la solidarité avec ce même Occident que revendique l’Association suisse de politique étrangère dans la critique de mon livre sur la neutralité est établi mais ne doit pas être sans limite. Et dire que Cassis et Amherd ont pris pour compliment les dires de Joe Biden qui félicitait la Suisse pour avoir directement repris des sanctions contre la Russie et donc implicitement renoncé à sa neutralité…L’homme le plus puissant de la planète validait les choix de deux de nos Conseillers fédéraux (« even Switzerland ») …qui se voyaient ainsi moralement pleinement validés. A pleurer misère…

 

Berne accepte toutes les critiques en provenance de Washington et Bruxelles ou Berlin, mais rejettent totalement celles qui viennent de Moscou.

 

En attendant que va-t-on faire de ces politiciens qui volent intellectuellement à très basse altitude…comme les Molina, les Wermuth ou le Colonel-journaliste-radical Häsler. Avec le plus faible des « Conseil fédéral » de l’histoire contemporaine.

 

Il faut ajouter aux sanctions l’insulte qui consiste à évoquer l’aide promise de la Suisse pour faire payer à la Russie des réparations de guerre (on aime le droit international quand il contraint l’ennemi). C’est ce à quoi veut s’engager l’Assemblée fédérale au plan international. Tous les partis de l’Assemblée sont d’accord d’accorder des fonds souverains russes à l’Ukraine (sauf l’UDC). Et l’on s’étonne que la Russie ne nous tienne plus pour un pays neutre.

 

Que veut la Suisse à la neutralité fluide : sanctionner la Russie, aider à confisquer les biens russes, détester la Russie, être le complice actif des parties occidentales justement impliquées dans la plus inutile des guerres, elles qui refusèrent la paix en Ukraine pourtant validées par Kiev à deux reprises (Boris Johnson est passé par là), vendre ses armes directement à des parties en guerre contre la Russie. C’est cela la liberté de manœuvre voulue par le Conseil fédéral et la grande majorité de l’Assemblée fédérale.

 

Ils considèrent que fermer les yeux, c’est être du côté de l’agresseur. Voilà le nouveau sens de la neutralité. L’initiative limiterait dangereusement leur marge de manœuvre…contre la Russie. C’est cela la réalité en cette fin 2026. Le PLR, le Centre, les Vert ’libéraux, le PS et les Verts sont des partisans d’une guerre contre la Russie par procuration. L’initiative « affaiblirait » la Suisse ».  La Suisse ne pourrait plus coopérer étroitement avec ses partenaires en matière de sanctions essentiellement et ne pourrait plus réagir aux crises internationales. Ce sont  les mots clé : « réduire sa marge de manœuvre en matière de politique étrangère ». C’est cela le mal quoique cela veuille dire qui n’est pas défini.

 

Comment le monde occidental va-t-il interpréter un non, résultat le plus probable ? Comme un abandon définitif de la neutralité par une Suisse fatiguée de la paix…aussi belliciste à l’égard de la Russie que ses voisins allemand et français ? Comme un blanc-seing pour rejoindre l’OTAN et l’UE ? Les ennemis de la paix en Suisse se réjouissent. Comment Washington, Londres, Paris et Berlin vont-ils réagir ?

 

La Suisse, ennemie de la paix ? est-ce seulement imaginable ?

 

 

2.- Les narratifs étrangers réinterprétant la réalité

 

 

Le collègue Thomas Greminger (GCSS, Genève) se demande si la neutralité a encore un sens dans le monde d’aujourd’hui. Si vous considérez comme lui que la Russie sans crier gare et sans raison valable a attaqué la pauvre et innocente Ukraine le 22 juin 2022, alors vous auriez une raison de vous poser la même question.

 

Si vous avez appris entretemps que cette guerre a été provoquée en partie par les Etats-Unis et l’OTAN avec la complicité de l’Ukraine pour affaiblir et démembrer la Russie, vous vous rendrez compte que l’on vit une deuxième guerre froide qui ne demande de nous qu’une chose logique : l’abstention dans une guerre entre l’Amérique avec ses vassaux européens contre la Russie. Une littérature aujourd’hui pléthorique, les meilleurs commentateurs américains et français , les professeurs les plus respectés, la Maison Blanche actuelle et même Stoltenberg (ancien SG OTAN) ont admis à plusieurs reprises les provocations de l’OTAN et établi une responsabilité partagée pour le conflit actuel.  Les explications ont passé de « unprovoked » à « provoked » sans que la Suisse ne remarque quoi que ce soit. Une seule solution évidente : rester en dehors. Cassis a sauté à pieds joints dans le chaudron maléfique. Par ignorance sans doute. Il n'a pas su se tenir à l’écart de ce conflit armé. Il se contente de dire que la neutralité fait partie de l’ADN de la Suisse. Et plus personne ne lui dira quoi que ce soit. Il ne voit les terribles violations du droit international que d’un œil, l’autre reste fermé comme celui de Moshe Dayan.

 

En fait tout notre problème vient de là. Nous sommes prêts à liquider notre neutralité d’une balle dans la tête parce que notre interprétation des événements de 2022 nous ont mis contre la Russie. Mais si vous croyez que les racines de cette guerre sont dans la politique étrangère des Etats-Unis depuis 1945 avec toujours le même but avoué soit affaiblir la Russie voire la démembrer, vous agirez différemment. Ce qui me stupéfait c’est que le nombre d’ouvrages récents sur ce sujet, les déclarations de personnalités étrangères, de secrétaires généraux de l’OTAN sur ces objectifs bientôt séculaires n’ont strictement aucun impact sur nos populations et nos politiciens. Tous des autruches, la tête dans le sable. La neutralité n’est bien sûr pas indifférence. Mais c’est aussi démêler les vrais fils de notre histoire.

 

Y-a-t-il quelque chose de pourri au Royaume du Danemark ?

YY-a-t-il.13.

Comme on le sait, en particulier depuis le 24 février 2022, date de l’opération militaire spéciale russe en Ukraine, les narratifs officiels, que l’on pourrait appeler aussi les récits dominants, jouent un rôle central dans la construction de la perception collective des événements contemporains. On peut renvoyer les uns et les autres à l’étude du fameux ouvrage historique appelé « Le Viol des Foules par la Propagande Politique » de Serge Tchakhotine, le sujet de ma conférence à l’Université Jean Moulin III de Lyon à l’hiver 2024. Les narratifs façonnent donc la manière dont les événements sont perçus et compris par les gouvernements, les médias et le grand public. Ils sont le fruit d’une sélection d’événements, de leur interprétation et de leur diffusion. Souvent leurs algorithmes propagent la haine à travers le monde (haine contre les Russes, les Chinois, les Coréens du Nord et les Iraniens pour commencer). C’est l’affaire des « spin doctors », des « façonneurs d’images ». Ont été principalement à la manœuvre : le gouvernement américain démocrate, la Maison Blanche de Joe Biden, le secrétaire d’État d’Anthony Blinken, la CIA, le Congrès bipartisan, le complexe militaro-industriel et toute la presse américaine démocrate sans oublier les universités et les think tanks. Le fameux MICIMIT, suivi comme un seul homme par l’Union européenne et la Suisse. Ces institutions disposent de moyens de diffusion massifs (communiqués officiels, prises de position officielles du gouvernement, télévision, presse écrite, études, expertises) et bénéficient d’une large audience. Lorsqu’un récit est véhiculé par ces canaux, il tend à être accepté comme une vérité incontestable. Les autres perspectives possibles sont mises à l’index et ceux qui oseraient y faire allusion sont immédiatement ostracisés. Les propagateurs du narratif officiel vont les faire taire. Ce fut le cas en Suisse et c’est toujours le cas. Ce narratif, c’est le « ciel en sa fureur » qui faisait aux Suisses la guerre…, « tous étaient frappés ».

 

En effet, le Conseil fédéral, l’administration, les partis politiques et les journalistes sont tous prisonniers des narratif tout comme les citoyens.

 

Ces journalistes et ces politiciens de série B (on est gentil) mentent comme ils respirent. Faire des quelque 140.000 Suisses et Suissesses qui ont validé cette initiative des éléments « pro Poutine », de même que tous ceux qui voteront en faveur de l’initiative, est tout simplement en dessous de la ceinture. Cet argument déshonore la politique suisse.

 

 Le co-président du parti socialiste Cédric Wermuth n’est à vrai dire pas à une sottise près. Pourquoi insulter ces citoyens et citoyennes qui veulent le bien de leur pays en revendiquant une neutralité plus affirmée et authentique que celle prônée actuellement par le CF ?

 

Pourquoi en faire des « pro Poutine » ? Je pense que ce sont des auteurs de l’Association suisse de politique étrangère (ASPE) qui ont utilisé en premier l’expression « pro Poutine » dont l’inénarrable sayanim Daniel Woker et ses collègues du Manifeste Neutralité 21.

 

C’est simple :  nos camarades sont viscéralement antirusses et veulent persister à infliger des dizaines de milliers de sanctions à la Russie (21 trains de sanctions déjà pour les Européens seulement). Qui est contre les sanctions est donc « pro Poutine » : c’est limpide et surtout malhonnête. Ils sont aussi très bien renseignés : ils savent que Poutine va les attaquer demain ou après-demain. Mon collègue Daniel Woker dans son dernier article pour l’ASPE en août 2026 fait allusion au moins trois fois en quelques pages au danger immédiat d’une invasion russe…Comme si l’Amérique n’avait envahi personne… et ne recherchait pas la guerre pour la domination ou la maîtrise d’une matière première… J’aimerais savoir le pourcentage de Suisses qui croient à l’imminence du danger russe en Europe occidentale ou qui pratiquent consciemment une politique de désinformation destinée à faire peur aux braves gens…

 

L’autre argument comique des opposants leur fait dire qu’ils exigent le respect du droit international. Les deux meilleurs amis de la Suisse le violent tous les jours depuis de longues décennies. Les sanctions non onusiennes ne font pas partie du droit international. Elles sont illégales en droit, si ce n’est le droit du plus fort ou celui de la jungle.  Ils sont pires que la politique climatique de l’UE qui a accru le risque d’incendies dans de nombreuses régions.

 

 

Les partis politiques et les journalistes affidés « mainstream » dont aucun en Suisse ne respecte la Charte des journalistes de Munich baignent dans la même soupe. Pourquoi ne sont-ils pas mieux informés ? Ils ne peuvent pas être indépendants de la ligne politique de leurs journaux et de leurs propriétaires de grandes sociétés. Voir « Le Temps » ou « Blick » ou la « NZZ ». François Nordmann semble toujours évoluer en pleine guerre froide.

 

Les narratifs ukrainiens, relayés par les meilleures sociétés de communication de Londres, Washington, Berlin et Paris ne sont jamais mis en doute. S’ils le sont comme par l’ancien observateur de l’OSCE au Donbass (Benoît Paré) dans deux gros volumes récents, c’est au mépris de sa sécurité. Ces combattants de la vérité doivent quitter leur pays ou rester coincés à Bruxelles comme Jacques Baud sans moyen d’existence, sans doute à la grande joie de ses collègues du Département militaire et du Conseil fédéral, sans oublier toute la presse mainstream et l’inénarrable télévision suisse. La « Schadenfreude » est un défaut très répandu en Suisse.

 

En Suisse, comme ailleurs en Occident , a pris pied un récit binaire. Les schémas de pensées du Département militaire et du DFAE sont dangereux car ils révèlent un suivisme des pires narratifs occidentaux jamais remis en question.

 

Ils sont dangereux car promouvant les politiques les plus agressives des MICIMIT américains. Bien sûr, l’indépendance d’esprit se cultive et résister aux pressions requiert une très solide colonne vertébrale et une vision commune de nos intérêts. La -Suisse n’a jamais su très bien résister aux pressions et à la critique. Elle fait ce qu’il faut pour plaire à l’Europe et à Washington y compris la reprise directe des sanctions américaines, britanniques et européennes. Nous n’avons plus de marge de manœuvre alors que c’est ce que le CF réclame.

 

La critique n’est plus permise. On ne peut plus mettre le DFAE en rogne…257 employés du DFAE ont essayé de donner leur avis. On leur a vite bouclé le bec.

 

Une critique de Cassis dans la « Weltwoche » il y a quelques années émanant de trois ou quatre Ambassadeurs à la retraite avait entraîné une réponse du DFAE d’une page entière dans cet hebdomadaire. Priés de se taire pour préserver l’unité et l’harmonie (entièrement fictive) du DFAE. Les critiques des lecteurs avaient entraîné plus de 650 commentaires extrêmement violents à l’égard de Cassis, que tous voulaient renvoyer en Italie séance tenante accompagné de son Ambassadeur à Paris qui avait signé le texte. Une rare débâcle journalistique.

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La moraline empêche de voir l’évolution du monde. Le CF se base sur des analyses de politique étrangères et de sécurité qui ne valent rien si ce n’est qu’elles propagent les pires narratifs en vogue. La Russie va attaquer l’Europe demain ou après-demain, l’OTAN est une organisation exclusivement défensive mais puissante et l’UE est l’avenir de tous les Européens. Or ces deux dernières institutions partent en semoule. L’Europe se prépare à une guerre contre la Russie et la Suisse ne fait rien pour calmer les choses…parce qu’elle n’est plus neutre et a oublié ses bons offices puisque personne n’en veut plus.

 

 

Tout n’est peut-être pas perdu : entre la « Stratégie de politique de sécurité de la Suisse 2026 (SEPOS) (« la Russie est le danger central ») et le Rapport de situation « Sécurité Suisse 2026 » du Service de renseignement de la Confédération (« une attaque militaire de la Russie contre un État européen est très improbable »), il y a une marge considérable inconnue du grand public…

 

N'est-il pas temps de revoir sa copie ?

 

L’Association suisse de politique étrangère traite Jacques Baud de « Poutiniste »…dans son numéro d’août 2026. Toute honte bue…. Tous narratifs avalés.

 

Non seulement la Berne fédérale, mais l’ensemble du pays et de ses médias ainsi que cette Association souffrent d’un mal politique que d’aucuns ont appelé le « Poutine Hate Derangement Syndrome » apparemment incurable. Il s’agit d’un délire antirusse et anti-Poutine qui voit le mal partout (mon collègue Woker a été très tôt frappé) toujours en provenance de Moscou. Une pathologie de folie guerrière et de bellicisme. Un syndrome dangereux. Il est accompagné d’un autre syndrome : le « VDL Love syndrome » qui vise l’alignement avec Bruxelles et une parfaite synchronisation avec l’UE lui permettant de s’immiscer toujours plus profondément dans nos affaires intérieures.

 

 

 

Conclusion

 

 

Quoi que le peuple souverain décide le 27 septembre à propos de sa neutralité, qu’elle qu’en soit la définition revue et corrigée ou pas, la Suisse ne subira pas de changements importants de sa politique étrangère en fin de compte. Tout au plus modifierait-on la loi sur les embargos de 2002 dont personne ne parle et reprendrait-on des mesures de non contournement des sanctions. Ce qui est vraiment important n’est pas la Constitution et un nouvel article. Ou une quelconque nième définition de la neutralité pour la galerie (à laquelle on ne se tiendra pas).

 

La seule chose importante est la politique étrangère. C’est ce que j’ai essayé d’expliquer.

 

Quelle politique étrangère la Suisse veut-elle ? Et là, les choses sont claires, majoritairement soutenue dans les deux Chambres. Je l’ai explicitée en première partie.

 

Mais chut !!!!! C’est d’abord une politique légitime de protection de nos intérêts économiques et financiers : suivez l’argent.  

 

Notre suivisme est-il encore un avantage vis-à-vis du vaste monde qui nous domine en population et PNB, en ressources diverses, en matières premières, terres rares, dans l’électronique et en termes de progrès technologiques, dans le développement de l’intelligence artificielle. Or la Suisse veut s’arrimer à un monde passé et finissant…C’est le destin qui bascule de par de mauvais choix.

 

Une neutralité virtuelle pour quoi faire en fin de compte ? C’est tout ce qu’il en reste depuis ce fatidique 28 février 2022 : un concept vidé de son sens La neutralité est devenue une illusion dans le monde moderne global interconnecté.

 

Le Conseil fédéral   n’admettra jamais que depuis 2022, suivant en cela un mouvement qui la dépasse, la Suisse s’est pliée à la culture de la soumission volontaire, soumission à des instances comme l’UE et l’OTAN, soumission à l’Amérique et à la mondialisation du capitalisme financier. Est-il seulement possible de faire autrement ?  Nous ne sommes plus totalement maître de notre destin.

 

Nous allons tout droit vers une dilution de la Suisse que nous avons connue ces deux cents dernières années et de notre identité propre fondue dans un nouveau monde à venir dont nous ignorons encore les contours. C’est cela la politique. Jamais une constitution ne va nous prévenir de cela et l’éviter. Le reste n’est que bavardages inutiles.

 

En attendant ce nouveau monde qui vient, les politiciens européens veulent la guerre pour exister. Le lobby militaro-industriel américain et les géants de la finance veulent eux-aussi la guerre que font les autres car ils ont tout à y gagner. Des centaines de milliards.

 

Dans le court terme déjà, la neutralité ne survivra pas à l’usure et aux délires de notre classe politique qui doivent choisir aujourd’hui entre le bellicisme des Européens ou le risque de se les mettre à dos. La deuxième solution est la meilleure car les circonstances vont changer tôt ou tard. La classe politique en place verrouille l’espace public pour contenir les extrêmes. En nous abreuvant d’histoires d’ingérence étrangère forcément malveillantes. Heureusement les médias alternatifs commencent à exister en Suisse, Suisse romande en particulier. Mais la délégitimation de la Russie bat son plein. Cette radicalisation du discours sur l’ingérence étrangère est une méthode pour museler l’opposition intérieure. Un pouvoir finissant (socialiste, vert et centriste), désavoué, coupé du sentiment populaire, fait tout ce qu’il peut pour bannir les critiques des « pro-Poutine » ou considérés comme tels.

 

Quiconque voudrait raconter l’actualité dans une perspective désavouée par le pouvoir en place est accusé de désinformation ou pire de collusion avec l’ennemi (voir le cas de Jacques Baud). Le Conseil fédéral est prêt à tout pour garder le contrôle médiatique et contrôler les narratifs qui circulent sous le manteau dans les réseaux alternatifs. C’est avec cette épuration morale qu’il croit sauver et la démocratie et la neutralité.

 

 Il faut choisir entre être l’acteur de son destin ou subir sa destinée.

 

La commercialisation de la peur de la Russie a un but précis dans l’UE et en Suisse également : c’est une machinerie politique qui considère l’insécurité comme une ressource à gérer. Plus le public est craintif, plus les appropriations budgétaires ou autres seront importantes. Ce n’est pas la paix par la force, c’est la paix par l’approvisionnement en armes. Bien trouvé VDL.

 

 

Ce qui motive les opposants, ce sont deux choses avant tout. Il s’agit d’abord et essentiellement de saisir cette occasion de combattre ou abattre et défaire l’UDC et le désir d’infliger des sanctions à la Russie.  On peut avoir le désir de vouloir punir la Russie (c’est la politique des Etats-Unis depuis 1945 et de l’OTAN depuis 1947 et c’est celle de l’Europe de VDL) mais à condition de ne pas dire en même temps que l’on continue à être neutre.

 

 

Le grand principe moral de la neutralité est pourtant d’empêcher la guerre et de promouvoir la paix et non pas d’aider et prendre position en faveur d’une partie en guerre. La Suisse doit être solidaire avec les victimes de la guerre pas avec les gouvernements qui la font pour leurs raisons propres. La Croix Rouge lui montre le chemin. Fraterniser outrageusement avec un État ou un régime en guerre comme le fait la Suisse avec l’Ukraine est une faute politique majeure, une invraisemblable naïveté. La Suisse ne veut pas voir que la deuxième guerre froide (1991-2026…) pourrait se terminer en troisième guerre mondiale.  Les chevaux ont des œillères, nos gouvernants sont aveugles. Les sanctions durcissent les fronts et précèdent la guerre… Que dit Berne ? pas de réflexion sur le sujet.

 

 

L’influence étrangère est problématique qu’elle vienne de Moscou ou de capitales européennes voire de Washington DC. Notre souveraineté doit être évaluée à l’aune de ces pressions d’où qu’elles viennent et à l’aune de critères identiques pour tous et donc pas seulement selon leurs origines. Ce qui réduit notre marge de manœuvre, ce sont justement nos collusions antérieures à la crise. Les tentatives d’influence existent et sont parfaitement normales. Il faut être assez fort pour savoir les gérer. La neutralité doit s’apprécier de manière cohérente et rester indépendante de l’origine des tentatives d’influence.

 

 

THE END

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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