Annexe : L’engagement et la responsabilité de Ignazio Cassis, fossoyeur de la neutralité


Ignazio Cassis est le principal responsable d’une décision historique et lourde de conséquence : la reprise directe des sanctions de l’UE contre la Russie le 28 février 2022, quatre jours après d’abord avoir dit que la Suisse allait adopter son attitude habituelle de mesures de non contournement des sanctions et de courant normal de ses échanges.
Une précipitation qui ne dit rien de bon. C’est un signal politique significatif : la Suisse indique un changement d’attitude, soit l’abandon de la neutralité pour des valeurs européennes communes. Soi-disant par devoir de défendre la paix en punissant des violations massives du droit international commises par la Russie.
Mais l’Europe et les Etats-Unis ainsi que l’OTAN sont bellicistes et ne veulent pas la paix… chercher l’erreur. La Suisse n’a fait que soutenir Zelenski. La ribouldingue du Bürgenstock était une promotion du Président ukrainien et non une conférence de paix. Personne n’a été dupe.
Cassis a joué le rôle clé dans la construction de ce tournant majeur de la politique suisse. Sa phrase « jouer en faveur d’un agresseur n’est pas neutre » dénote des connaissances historiques très modestes et une mémoire courte ainsi qu’une parfaite mauvaise foi.
Il a cédé suite à des pressions internationales pour plaire à l’UE et aux Etats-Unis, ainsi qu’à des pressions internes (majorité du Parlement et l’UBS). Celles de l’UE l’ont été par l’Ambassadeur de l’UE à Berne Petros Mavromichalis et celles des Etats-Unis par la Vice-Ministre des affaires étrangères américaine Wendy R. Sherman envers notre Secrétaire d’État Livia Leu.
Le résultat est patent. Une politique étrangère souveraine appuyée sur le droit international et la notion de neutralité laissent la place à la solidarité internationale contre la Russie et à des considérations de morale basée sur des narratifs parfaitement mensongers communément utilisés dans toute l’Europe avec succès par les meilleures officines de propagande occidentale. Il déclare à la « Weltwoche » : « Il est nécessaire de se rapprocher de l’UE et de l’OTAN en ces temps périlleux »…autrement dit : rejoignons les perdants et faisons partie de leur monde…alors qu’il est urgent de s’en distancer.
La stabilité et la sécurité sont remplacée par l’intégration militaire (OTAN) et économique (UE). La Suisse perd la crédibilité de ses bons offices ou offres de médiation. C’est normal puisqu’elle est alignée sur un camp. Casis a beau dire le contraire. Il ment. La neutralité dont il parle est une imposture qu’aucune initiative ne corrigera jamais. De la cire molle, un Rubik cube.
Les explications de Cassis font dresser les cheveux sur la tête : le droit de la Haye de 1907 ne parle pas de sanctions (inconnues à ce moment-là), donc elles sont légales. L’Ukraine est attaquée militairement par la Russie. Il n’y a aucun événement qui précède le jeudi 24 février 2022 qui pourrait l’expliquer. Les violations du droit international commises par les Etats-Unis et Israël ne sont jamais mentionnées ou condamnées.
Le moment choisi n’est vraiment pas pertinent. Qu’adviendra-t-il de l’UE et de l’OTAN dans quelques années. De toutes les manières, c’est le vaste monde qui est notre avenir, pas une Europe moribonde ni un instrument de contrôle militaire desservant essentiellement le complexe militaro-industriel américain. Rester inactif face aux violations du droit international et au droit humanitaire au Moyen-Orient signifie aussi que la neutralité est en phase terminale. Elle est déjà plongée dans un coma artificiel et il n’est guère évident qu’on la réveille un jour. Une dérive à la carte…assez généralisée. Un oubli que seule la crédibilité et la capacité à construire des ponts restent un atout majeur d’un État neutre. Et Cassis les a tous miné ou déjà fait exploser. Avec la grande majorité de notre classe politique
On souhaite bonne chance notre ministre des affaires étrangères car la ligne de crête est vraiment très étroite entre le renforcement de l’interopérabilité avec l’OTAN et le rapprochement avec l’UE et la perte de sa propre indépendance. Les revirements actuels fragilisent notre image et notre politique étrangère. Ce n’est pas Cassis qui va mettre en évidence les avantages de la neutralité à une époque où elle est contestée.
Il ne réalise pas non plus que l’on n’est plus neutre lorsque l’on est soumis à une juridiction étrangère. La Suisse ne serait fondamentalement plus la même. La solidarité ne peut pas remplacer la neutralité.
Qui attaquerait d’ailleurs une Suisse neutre ? La danse du scalp que nous menons autour de l’OTAN est inutile. Qui rejoint une alliance militaire ou un ensemble supranational vit et meurt avec. La grande industrie veut l’Europe pour être plus efficiente mais elle veut rester en Suisse pour payer moins d’impôts. Quiconque veut conserver la Suisse doit rester fidèle à sa neutralité.
Reprendre les sanctions contre la Russie avec précipitation, adopter une position alignée sur les Etats-Unis face aux crimes commis par Israël, ne rien dire à propos de l’agression américano-israélienne en Iran, clairement contraire au droit international, c’est toujours prendre parti pour les uns contre les autres. Il n’y a plus trace de neutralité là-dedans. La Suisse est alignée sur le bloc occidental. Elle mène une politique d’intérêts financiers et d’alliances de convenance.
Cassis a cru que la neutralité était à géométrie variable. Il se trompait : si la Suisse veut être crédible aux yeux du monde, eiie doit agir de manière pleinement cohérente avec tous les agresseurs et sanctionner selon les mêmes critères ceux qui ne respectent pas le droit international. Mais c’est plus vite dit que fait. Vous voulez sanctionner les Etats-Unis. ?
Condamner la Russie qui a fait 15.000 morts civils en Ukraine en quatre ans mais ne pas condamner Israël qui a fait près de 100.000 victimes civiles à Gaza en 18 mois, c’est se moquer du monde. Les exemples abondent : le chef de l’armement suisse Urs Loher se rend en Israël en juillet 2026 pour resserrer les liens militaires entre les deux pays et leurs industries d’armement. Notre politique de neutralité n’a plus aucune substance et donc plus aucune signification. Le Moyen-Orient est dévasté et la Suisse ne sanctionne pas. Notre neutralité « justicière » ne vaut pas pipette.
Alors la neutralité flexible, souple, évolutive, coopérative, agile, soluble dans les intérêts du moment, c’est du pur opportunisme. Incompatible avec la neutralité. Si nous n’avons plus les moyens d’être neutre, alors cessons de le prétendre.
Et disons-le au peuple suisse souverain : nos allégeances naturelles, notre dépendance des marchés commerciaux et financiers occidentaux, notre dépendance du dollar, notre dépendance militaire impliquent l’alignement sur le bloc occidental pour l’avenir.
On ne peut pas réinventer la neutralité à chaque soubresaut de l’histoire contemporaine.
De plus, les mensonges récurrents et les inversions politiques sont la tasse de thé de notre ministre des affaires étrangères.
Cassis dit : « La neutralité est l’un des fondements de la politique étrangère de la Suisse. Elle interdit à la Suisse de participer à des conflits armés et d’adhérer à des alliances militaires ».
Bravo, mais sérieusement infirmé par notre attitude envers la Russie à propos de l’Ukraine
Cassis dit : « La neutralité fait partie de l’assurance(?) helvétique et est soutenue par une large majorité de la population. Elle permet la cohésion interne entre les différents groupes linguistiques et les différentes confessions et joue un rôle décisif lorsque la Suisse offre es bons offices. Bravo encore, mais y croit-il vraiment ?
Le CF Cassis a l’air de connaître la valeur de la neutralité pour la Suisse et semble savoir qu’elle est vitale pour la survie à l’intérieur comme à l’extérieur et qu’elle constitue la base de l’engagement humanitaire de la Suisse et de ses bons offices et qu’elle préserve le pays et sa population de la guerre.
Comment réconcilier alors ces déclarations avec sa politique ? C’est justement cela la politique. Dire une chose et en faire une autre. Du grand classicisme adapté à la politique d’aujourd’hui qui se fait sur une base partisane : 70% de notre Parlement ne veut pas entendre parler d’un parti représentant 30% de l’électorat, l’UDC.
La discussion est impossible, c’est la mort de la politique de consensus. La chose la plus importante dans l’initiative est qu’elle permet d’infliger une défaite à l’UDC quel que soit le sujet de la votation.
Cassis accuse les partisans de l’initiative de vouloir une « nouvelle neutralité » alors qu’ils en ont une conception au contraire conservatrice et défendent l’ancienne. Lui qui dit pratiquer la neutralité de toujours, l’a déjà complétement défigurée. Il veut nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Il aurait les mains liées ??? toujours les sanctions : Il a dit en petit cercle PLR qu’il ne se voyait pas expliquer personnellement à tous les membres de l’UE que la Suisse devait dramatiquement infléchir sa politique de sanctions. Ainsi va le respect du peuple.
La culture de la neutralité avec tout ce qu’elle transporte de tenue morale, de retenue politique, de réalisme dans les relations internationales, d’efforts et de renoncements est de fait étranger à I. Cassis dont la dernière conférence de presse en août ne trimbale que des contre-vérités flagrantes et attristantes. Il est installé dans de dérisoires contradictions et une grande satisfaction (tout va bien, rien à changer). Un véritable zombie dont les contre-vérités les plus flagrantes font partie de l’arsenal.
Un dernier mot sur les fameuses pressions :
Il y a bien des années que les pressions de Bruxelles (UE), de Berlin et de Washington font partie de notre quotidien. Un pays n’est plus souverain s’il se laisse influencer par des influences étrangères indésirables. Mais dans le cas d’école, ce sont la majorité du Parlement et du peuple qui soutiennent ces influences étrangères parce qu’elles sont antirusses. Est-il possible d’être naïf à ce point, mal renseigné à ce point, trompé à ce point, manipulé à ce point ? Les droits de l’homme et la démocratie servent presque toujours des intérêts économiques et géopolitiques comme c’est le cas en l’Iran. Berne n’a pas réalisé cela ou bien le réalise-t-il mais n’en tient pas compte ?
Les pressions guerrières sont déraisonnablement mises en avant par l’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne (toutes trois en difficultés politiques et électorales ainsi que par deux dames dont on peut douter de la bonne foi à l’égard de la Russie, VDL et KK, cette dernière étant psychologiquement marquée par sa haine des Russes dont elle a dit qu’il faudrait leur faire à tous une greffe de cerveau)…La Suisse les courtise…Résister aux pressions étrangères suppose des politiciens aux larges épaules avec une vision claire de l’avenir de leur pays. Ils sont tous aux abonnés absents. Entre les mains des Grandes Puissances, les sanctions prennent vite l’allure de logiques de guerre. La Suisse ne devrait pas s’associer à des mesures de violence. Cassis l’a fait, entraînant le CF.
Et pourtant, Cassis a été élu en 1997 avec le soutien de l’UDC et avec la promesse de mettre fin à l’accord-cadre institutionnel avec l’UE. Aujourd’hui, il prône un développement accéléré de la voie bilatérale avec l’UE et capitule devant Bruxelles.
Il veut « préserver la Suisse des horreurs de la guerre et ne pas la plonger dans la misère économique d’où la nécessité d’une neutralité situative…comme si rejoindre un camp militaire belliciste constituait la meilleure garantie pour la Suisse d’être épargnée. Nos partenaires sont bellicistes mais faibles.
The end
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