Acceptation.Pourquoi accepter est si difficile (et pourtant essentiel pour aller mieux) ?
- Frédérique Giacomoni

- il y a 20 heures
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Par Frédérique Giacomoni,
Psychiatre-Psychothérapeute, Co-fondatrice de Thémiaisa-Gioia
« Chronique d’un regard intérieur »
Il est des mots simples qui pourtant bouleversent tout un chemin de vie.
Comme ces primevères poussent malgré le goudron et le mur, accepter ouvre la voie vers la renaissance.
Un mot simple, un chemin difficile
Accepter. Voilà un mot difficile à entendre et à intégrer.
En français, dire j’accepte sous-entend non seulement notre accord mais aussi un certain contentement voire du plaisir. J’accepte ton invitation à dîner…
En psychologie, le sens est différent, ce qui contribue à semer de la confusion.
Accepter ne veut pas dire aimer
Accepter signifie faire avec.
Comme dans un jeu de cartes, j’ai une mauvaise donne pourtant je vais tenter de faire au mieux.
Cela change tout : dans cette définition psychologique, il n’est ni question de consentement ni de contentement.
Quand la résistance épuise
Combien de fois ai-je entendu dans mon cabinet : au fond, je n’accepte pas ce qui m’arrive.
Eh bien oui, cette résistance crée et maintient une forme de souffrance vive. L’intégration est rendue difficile tant que la résistance est forte. Elle poursuit un combat intérieur épuisant.
Une partie de nous reste figée dans le sentiment d’injustice et bloque le processus de guérison. Elle ressasse, tourne en rond et refuse le renouveau.
Ce n’est pas une critique mais un constat de notre fonctionnement humain. Et pourtant, dès que la lutte intérieure s’apaise, quelque chose d’autre devient possible.
Les renaissances du quotidien
Dès que quelque chose lâche en nous et accepte de faire avec cette nouvelle donne, le moteur intérieur se remet en marche. Ainsi la voie vers du tout neuf s’ouvre. De nouvelles opportunités s’offrent à nous et peut-être qu’au bout de quelque temps, nous pourrons nous dire : finalement c’était un mal pour un bien !
Tenir un journal de toutes ces petites ou grandes renaissances vécues tout au long de nos existences fait beaucoup de bien.
Accepter l’incontrôlable : la grâce en action
Pour certains, ce lâcher-prise prend aussi une dimension plus intérieure, voire spirituelle. Et parfois, cela commence par un premier pas : reconnaître que pour l’instant, nous ne pouvons pas faire autrement.
Et si l’acceptation ouvrait même une porte plus grande ?
Accepter, c’est poser les armes et se remettre à plus grand que soi.
Et lorsque le contrôle s’efface, la grâce trouve enfin un passage.
Ce n’est plus en mon pouvoir, je vais m’en remettre à plus grand que moi.
Ainsi nous nous ouvrons à Son action et la grâce peut enfin opérer.
La grâce, c’est ce don gratuit qui descend quand on s’ouvre – une force bienveillante, au-delà de nos mérites, qui agit en nous sans effort de notre part.



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