top of page
Rechercher

1 + 1 = 3 : Pourquoi le masculin sacré nous manque à tous

  • Photo du rédacteur: Frédérique Giacomoni
    Frédérique Giacomoni
  • il y a 2 heures
  • 4 min de lecture

Par Frédérique Giacomoni,

Psychiatre-Psychothérapeute, Co-fondatrice de Témiaisa-Gioia

 

 

Qu’est-ce qu’un couple ?

Une dynamique créatrice ou destructrice

 

Combien de fois ai-je remarqué, dans ma pratique professionnelle, qu’un couple — qu’il fonctionne bien ou mal — avance toujours à deux. Truisme évident ? Pas tant que cela.

Un couple qui progresse ensemble crée du neuf en permanence. Il se renouvelle, accepte les tensions comme formatrices, et trouve un équilibre entre les pôles masculin et féminin, tant au niveau du couple que dans chaque partenaire. Les thérapeutes de famille le résument ainsi : un couple, c’est 1 + 1 = 3.

 

À l’inverse, un couple dysfonctionnel stagne et s’enlise souvent dans une folie à deux, où chacun alimente les traits pathologiques de l’autre jusqu’à l’épuisement.

 

Du couple à l’intériorité : le dialogue des polarités

 

Ce qui se joue entre deux personnes se rejoue aussi à l’intérieur d’une personne. Un équilibre et un dialogue nécessaire doivent s’instaurer entre l’énergie féminine (accueil, fécondité, lien) et l’énergie masculine (structure, protection, direction) en chacun de nous. Ces polarités psychiques et symboliques, communes aux hommes comme aux femmes, sont essentielles à toute croissance intérieure.

 

Du couple à la société : un déséquilibre visible

 

Il en va des individus comme de l’ensemble de la société. Aujourd’hui, nous constatons un déséquilibre des polarités : l’énergie féminine, qui se laisse féconder et soutient le lien, semble sursollicitée — dans le soin émotionnel, la compassion, le soutien quotidien. L’énergie masculine structurante, qui exige une position claire, ferme et défendue, fait souvent défaut.

 

Les discours sur la « masculinité toxique » ou le « patriarcat » y contribuent, en visant initialement des dérives réelles (violence, domination), mais en jetant parfois le discrédit sur toute expression du masculin responsable. Parlons-nous tous le même langage ? Que mettons-nous derrière ces termes flous ?

 

Une urgence vitale

 

Il est urgent de renouer avec le masculin sacré — une énergie masculine intérieure reliée, lucide, responsable, au service de la vie et non de l’ego. Ses symptômes de carence sont partout : hommes déroutés ou agressifs, femmes épuisées de porter seules la sécurité affective et matérielle, enfants en quête de repères fiables.

 

Que signifie retrouver le masculin sacré ?

 

Retrouver le masculin sacré ne signifie ni revenir à un patriarcat nostalgique, ni glorifier une virilité caricaturale. Il s’agit de réhabiliter une polarité que nous portons tous, femmes et hommes, vouée à protéger, structurer, discerner, s’engager. C’est l’énergie qui trace une direction, assume ses actes et sait dire « je » sans écraser l’autre.

 

Quand elle fait défaut, le vide se remplit de contrefaçons : dureté, domination, fuite des responsabilités, narcissisme triomphant — ou passivité et effondrement.

 

En pratique : comment l’incarner ?

 

En soi-même

Concrètement, le masculin sacré commence par un rapport à soi :

•  Savoir se tenir debout intérieurement, même quand l’opinion dominante vacille.

•  Reconnaître sa peur sans en faire une excuse pour renoncer.

•  Traverser le conflit plutôt que de se dissoudre dans le consensus mou ou l’éclat brutal.

Il se dit dans cette phrase silencieuse : « Je choisis d’être fiable, même quand personne ne regarde. » C’est une verticalité qui ne se confond ni avec l’autoritarisme ni avec le perfectionnisme, mais avec la loyauté envers ce qui est juste.

 

Sur le plan relationnel

C’est redonner sa place à la protection et à la limite juste — non punitive, mais sécurisante. Un père, un éducateur, un partenaire habité par cette dimension sait dire non sans mépriser, oui sans se renier. Il accueille l’émotion de l’autre sans s’effondrer, pose un cadre sans jouir du pouvoir. Sans cela, les liens deviennent confus, fusionnels ou violents : personne ne sait plus qui tient la responsabilité de quoi.

 

Dans le monde du travail

C’est une autorité qui assume la décision sans se cacher derrière procédures ou algorithmes. Plus de management par la peur, ni de refuge dans les comités pour éviter de trancher. Mais oser prendre position, reconnaître ses erreurs, honorer la parole donnée. Dans une époque qui délègue aux machines et aux chiffres, cette présence humaine ferme et sensible est vitale : la responsabilité ne se sous-traite pas.

 

Pour les femmes

Intégrer le masculin sacré est tout aussi nécessaire. Il permet de dire non, de poser des frontières, de se tenir droites dans ses choix sans culpabiliser d’être fortes. Sans ce pilier, la compassion vire au sacrifice sans fin, l’empathie à l’épuisement. C’est pouvoir se protéger sans renoncer à la douceur, décider sans renier son cœur.

 

Conclusion : Oser la verticalité

 

Retrouver le masculin sacré, c’est choisir la verticalité intérieure : se tenir droit face à ses peurs, tracer une direction sans écraser l’autre, protéger sans dominer. C’est être fort sans culpabilité, car cette force n’est pas agression, mais présence fiable — celle qui dit « non » pour sécuriser, « oui » pour engager, et assume tout, en silence.

Ni tyrannie ni effacement : juste la loyauté envers la vie qui palpite en soi et autour de soi. Et si, dès aujourd’hui, vous osiez cette posture ? Le couple, l’intériorité, la société en dépendent.

 

Finalement, retrouver l’équilibre entre son masculin et féminin sacré est une nécessité vitale en soi, dans son couple et dans la société.

 

Votre verticalité n’attend que vous pour se déployer.

 
 
 

Commentaires


bottom of page