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Démantèlement progressif de la souveraineté suisse à travers 3 étapes Le troisième clou dans le cercueil de la Suisse vient d’être planté. Le quatrième n’est plus nécessaire. 

Photo du rédacteur: Frédérique Giacomoni
Frédérique Giacomoni
il y a 3 heures
3 min de lecture

 

 

 

Une analyse psychopolitique proposée par Frédérique Giacomoni, psychiatre et cofondatrice de Thémisia-Gioia.

 

 

 

Depuis septembre 2025, 3 votations importantes ont été perdues pour le peuple suisse.

•     Celle sur l’identité numérique

•     Celle sur le cash

•     Celle sur la neutralité.

 

Retour sur ces votations

 

I - L’identité numérique

 

En septembre 2025, le débat sur l’identité numérique a été largement confisqué par les médias et les politiques — tous partis confondus —qui n’ont jamais explicité clairement, de manière exhaustive et impartiale, les arguments des opposants.

 

Les recours déposés en nombre auprès du tribunal fédéral ont été balayés au motif qu’ils étaient juridiquement trop tardifs, alors que certains juges eux-mêmes auraient reconnu qu’il était humainement impossible de procéder autrement.

 

Le résultat a été une acceptation de justesse de l’e-ID : 50,39% de voix favorables contre 49,61% de voix défavorables. Une majorité de cantons l’a pourtant rejetée.

Pour moi, cette décision constitue une défaite pour le peuple suisse, car elle ouvre la voie à une infrastructure d’identification numérique dont les conséquences politiques, sociales et économiques sont considérables

 

 

II - Le piège du numéraire

En Mars 2026, tous les partis politiques, tous les médias suisses et même étrangers se sont félicités que le peuple suisse ait choisi d’inscrire le cash dans la Constitution.

 

C’est une présentation trompeuse.

 

Ce qui a été inscrit, ce n’est pas le mot « cash », ni même l’engagement explicite de garantir durablement les pièces et les billets, mais le terme de numéraire. Or ce terme, précisément parce qu’il est technique et moins concret, n’offre pas la même clarté politique que les mots « pièces » et « billets ».

Les textes administratifs actuels définissent certes le numéraire comme comprenant les pièces de monnaie et les billets de banque. Mais c’est justement là que réside le problème : une notion juridique peut être redéfinie, précisée ou interprétée à mesure que les systèmes monétaires évoluent.

 

Le choix de ce terme laisse donc ouverte la possibilité d’une extension future de la notion de monnaie, notamment lorsque les monnaies numériques de banque centrale seront opérationnelles. Ce qui est aujourd’hui présenté comme une garantie du cash pourrait alors devenir la porte d’entrée d’un système dans lequel la monnaie physique ne serait plus véritablement protégée.

 

Il ne s’agit pas de prétendre que les billets disparaîtront automatiquement du jour au lendemain. Il s’agit de constater que la formulation retenue ne constitue pas, à mes yeux, une protection constitutionnelle suffisamment explicite contre leur disparition progressive.

 

Nous pouvons donc nous attendre à ce que cette disparition soit progressivement justifiée au nom de la sécurité, de la lutte contre la fraude, de la traçabilité, de la lutte contre le blanchiment ou de la modernisation des paiements.

 

 

III - La fin de la neutralité historique

 

Enfin, le troisième et dernier clou nécessaire était cette votation sur la neutralité.

 

Historiquement, la neutralité a été reconnue sur le plan international en 1815, dans le cadre du Congrès de Vienne et sous l’influence des grandes puissances européennes. Depuis la Constitution de 1848, la neutralité helvétique s’est limitée à la non-participation militaire aux conflits étrangers. L’histoire récente, cependant — et particulièrement depuis la deuxième guerre mondiale — montre tous les glissements opérés qui ont transformé la neutralité en parfaite hypocrisie.

 

Cette votation du 27 septembre 2026 acte la fin de la neutralité helvétique au sens historique. Désormais, elle sera flexible. Il faut comprendre flexible au gré des besoins du Conseil fédéral, lui-même soumis aux pressions de puissances étrangères — notamment européennes — d’organisations internationales — notamment l’OTAN, Black Rock, State Street, Van Guard..—, de partenaires économiques et d’intérêts géopolitiques qui ne sont jamais clairement nommés.

 

La mort d’une certaine Suisse

 

Selon mon analyse, la fin du secret bancaire en 2009 et la fin de la neutralité au sens historique le 27 septembre 2026 indiquent clairement la mort définitive d’une certaine Suisse.

 

On en conservera l’image : les montagnes, les chalets, les fromages, les lac, le chocolat, les vaches dans de verts pâturages. C’est beau.

 

Quant au reste, il faudra bien se l’avouer, son argent, son économie et donc sa politique est déjà dans les mains des fonds de pension américains : Black Rock et State Street pour les plus connus.

 

Il ne s’agit pas forcément d’un contrôle direct et intégral. Mais la concentration des capitaux et le poids croissant de ces acteurs posent une question fondamentale : la Suisse possède-t-elle encore pleinement les moyens de décider par elle-même ?

 

Le quatrième clou

 

Quant au quatrième clou, ce sera celui des fameuses « bilatérales III ». Ce quatrième clou ne fera que confirmer un décès déjà prononcé.

 

Je conserverai l’amour de la terre helvétique, comme je conserve celui de la terre de France : nos racines s’y trouvent.

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