Billet d’humeur.
- Frédérique Giacomoni

- il y a 15 heures
- 2 min de lecture
Frédérique Giacomoni,
Psychiatre-Psychothérapeute, co-fondatrice de Témisia-Gioia

Aujourd’hui, Dimanche 29 Mars 2026 marque l’entrée dans la semaine sainte dont le couronnement sera Pâques.
Une semaine pour entrer en soi-même, se connecter à notre essence et méditer. Une semaine également pour se rapprocher du mystère de notre existence et chercher du sens .
En ouvrant le site sur lequel je lis les nouvelles du jour, mes yeux s’écarquillent en lisant ce titre : «La sucette au goût bite, ou le retour en grâce des odeurs corporelles ».
J’ai d’abord cru à une blague, le 1 er Avril approchant.
Que nenni ! Naïve que je suis ! Il s’agit bel et bien du titre d’un article publié par l’inénarrable journal français « Libération ».
Ma première réaction fut l’indignation. Comment ce « journal », ou ce qu’il en reste, peut-il tomber aussi bas et, qui plus est, largement subventionné par nos impôts ?
Comment peut-on accepter d’être réduits à l’état de barbares en lisant ces lignes crasseuses ? Je rappelle qu’il s’agit du même journal qui a publié en son temps un long plaidoyer pour faire accepter l’idée que la pédophilie est une attirance sexuelle comme une autre. Idée très tenace, encore aujourd’hui…
Puis, le retournement a surgi comme une grâce. Il ne s’agit pas de nier la réalité mais de la lire autrement.
Tout ce qui semble nous rabaisser peut devenir l’occasion de nous élever.
La même énergie qui alimente la trivialité peut, si elle est retournée vers l’intérieur, devenir un chemin d’humilité qui ouvre à l’action de grâce. Le dégoût et l’indignation légitimes signent la limite à ne pas franchir. Il est sain de les ressentir.
Nous voyons à quel point l’imagination humaine est sans limite aucune. Ce qui signifie qu’elle peut aller loin dans le sens de l’abject mais également dans celui de la beauté.
Il suffira donc d’une action de grâce pour que tout se retourne et très vite.
« Libération « se lira alors « L’asservissement »
Cette promotion de l’ignoble, de la laideur et de la barbarie sera retournée en son divin contraire. Aucune limite pour recréer du Beau et élever l’âme humaine vers ce qu’elle a de plus noble.
« L’asservissement » montrera alors son véritable visage, celui d’un adversaire qui nous met au défi. Je dis bien adversaire et non ennemi. Je n’ai pas à combattre ces idées immondes, j’ai à me poser la question de ma propre inhumanité. Où se niche-t-elle ? Comment se manifeste-t-elle ? Que puis-je améliorer en moi ?
Il s’agit de reconnaître que le mal ne se situe pas uniquement à l’extérieur de nous mais également dans les zones sombres de nos propres cœurs. Et ce mouvement là permet de ne pas se barricader – en dépassant une vision manichéenne simpliste –, mais de chercher la transformation intérieure.
Ainsi, ce Dimanche, alors que je me prépare à entrer dans la semaine sainte, je me demande :
Quelle est la part en moi de trivialité que je refuse de voir ?
Et quelle humilité dois-je approfondir afin de laisser ouvert un espace en moi pour accueillir la grâce ?



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