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Extrémiste vraiment ?

  • Photo du rédacteur: Michelle Cailler
    Michelle Cailler
  • il y a 5 jours
  • 12 min de lecture

 

par Michelle Cailler - Juriste & Co-fondatrice de Themisia Gioia   « Défendre les droits fondamentaux à l’ère des étiquettes »

 

Quand la défense de la Constitution finit par valoir l’accusation « d’extrémisme »

 

Dans l’atmosphère politique contemporaine, plaider la cause des droits fondamentaux, rappeler le cadre constitutionnel et exiger le respect des institutions démocratiques suffit de plus en plus à vous faire basculer dans des tiroirs identitaires du type « extrême droite », « complotiste » ou « populiste ». Il ne s’agit plus d’expliciter ce que l’on soutient, mais de se justifier de ce que l’on serait supposé incarner. Ce déplacement n’a rien d’anodin, il témoigne d’une mutation profonde de nos pratiques politiques, de notre manière d’habiter le désaccord et d’appréhender nos concitoyens.

 

Ce qui se joue n’est pas l’image de quelques individus exposés, mais la possibilité même d’un débat rigoureux sur la neutralité de l’État, la souveraineté populaire, les libertés publiques ou la dérive technocratique, sans que ces thèmes ne soient frappés, d’entrée de jeu, d’un soupçon paralysant.

 

Désolé, on vous a effacé !

L’étiquette, mot minuscule pour un effacement maximal

 

Attribuer à quelqu’un l’étiquette « extrême droite » active, quasi instantanément, plusieurs mécanismes.

 

D’abord, la simplification réductrice. La réalité, elle, est nuancée, les trajectoires de vie sont hétéroclites, les positions politiques débordent souvent les clivages établis. Or cette complexité exige du travail intellectuel, de l’écoute, de la lecture, de l’interrogation et l’épreuve inconfortable de la nuance. 

L’étiquette dispense de cet effort. 

Elle offre un raccourci confortable, un classement a priori qui évite de se confronter à des arguments sur la Constitution, le principe de proportionnalité, la surveillance ou la neutralité des pouvoirs publics. Elle rassure, car elle semble dire « je sais qui tu es ». On cesse d’examiner, on range soigneusement dans une case.

 

Ensuite, l’auto-protection de l’ego. 

Lorsque quelqu’un expose les écarts entre les principes proclamés, tels les droits humains, l’État de droit ou la démocratie directe, et certaines pratiques effectives, telles la censure diffuse, le contournement du peuple ou les alignements automatiques (par exemple sur les règlements UE), il contraint chacun à s’interroger sur ses propres questionnements silencieux (« et moi, qu’est-ce que je tolère, qu’est-ce que j’accepte en silence ? »).

 

Quand l’étiquette prépare la délation.

La lоgique qui sоus-tend l'étiquette pаve égalemеnt la vоiе à une dérive supplémentaire : сеllе de la délatiоn. Lоrsqu'une оpiniоn еst qualifiéе de « dangerеuse » avant même d'êtrе débattue, il devient tеntant, аu nоm du bien cоmmun, dе « dénоncer » ceuх qui la sоutiennent plutôt que dе lеur appоrter une répоnsе. Cеpendаnt, la délatiоn n'еst pаs un aсte anоdin : еlle соnstituе une dénоnсiatiоn mоtivéе, sоuvent impulséе par lа pеur, le cоnfоrmismе оu le désir dе sе prоtégеr, et еllе еngendre un climat dе méfiancе оù chаcun se méfie de l'autre. Dаns les régimеs autоritairеs, la délаtiоn а tоujоurs été utilisée pоur instaurеr la peur et dissuаder tоute fоrmе de nоn-соnfоrmité.

Bien qu'elle se présеnte aujоurd'hui sоus le fаuх préteхtе de vigilancе оu de vеrtu, ellе demеure un оutil redоutable de dissuasiоn silеnсiеusе pоur cеuх qui sоuhаitent еnсоrе défendre publiquеment les drоits fоndamentauх et la Cоnstitutiоn.

 

Qualifier aussitôt l’autre de « dangereux » ou « extrémiste » permet un déplacement commode de la tension. Ce n’est plus ma conscience qui est interpellée, c’est lui, l’autre, qui serait déviant. 

L’étiquette fait fonction d’écran protecteur.

 

Enfin, le conformisme social. 

Aujourd’hui, dans certains cercles, ne pas se démarquer bruyamment de tout ce qu’on étiquette « extrême droite » suffit pour être étiqueté à ton tour. 

L’étiquetage devient alors un marqueur d’appartenance, prouve l’appartenance au camp des « raisonnables », des « éclairés », de « ceux du bon côté de l’Histoire ». 

Peu importe que la personne en question se borne à rappeler le texte constitutionnel, l’essentiel, ce qui compte, c’est le signal que j’envoie au groupe auquel j’appartiens.

 

Avant de juger « l’extrémiste », osons cette question dérangeante : que se passe-t-il dans la tête de celui qui inflige la stigmatisation ?

 

Sur le plan psychologique, l’acte d’étiqueter remplit plusieurs fonctions défensives.

 

Premièrement, éviter la dissonance cognitive. La dissonance cognitive, c’est ce moment où tu préfères condamner celui qui dit la vérité plutôt que regarder en face ce qu’elle révèle de toi. 

Se percevoir comme « démocrate », « humaniste » ou « progressiste » rend pénible, voire angoissant, de reconnaître que certaines politiques soutenues ou tolérées restreignent les libertés fondamentales, contournent la souveraineté populaire ou banalisent la surveillance.

Admettre cette tension entre mon identité valorisée et les réalités politiques accentue le malaise.

 Traiter d’« extrémiste » celui qui critique ces dérives, c’est transformer un désaccord politique en faute morale chez l’autre, pour se retrouver à peu de frais en paix avec soi-même.

 

Deuxièmement, tenir la peur à distance. Tenir la peur à distance, c’est préférer coller une étiquette sur l’autre plutôt que reconnaître qu’au fond, c’est moi qui ai peur.

 

Les catastrophes du XXe siècle, du fascisme au nazisme en passant par diverses dictatures et régimes totalitaires ont laissé des cicatrices profondes. Beaucoup ont intériorisé, parfois à leur insu, l’angoisse d’un « retour » de ces temps troublés. 

Au lieu de distinguer précisément les vrais signes de haine, de racisme ou de violence organisée, certains préfèrent un agglomérat préventif où tout discours sur la souveraineté, les limites, l’identité ou la critique des institutions devient immédiatement suspect.

 L’étiquette fonctionne alors comme un talisman, supposé conjurer le mal, même lorsqu’elle vise des personnes qui s’appuient précisément sur les garanties des droits fondamentaux.

 

Troisièmement, se protéger de la rudesse du réel. Se protéger de la rudesse du réel, c’est préférer casser le messager plutôt que regarder en face ce que son message révèle du monde tel qu’il est. 

Le monde social est rude, fait d’injustices, de souffrances, de décisions arbitraires et de collusions d’intérêts. 

Celui qui met sous les projecteurs ces rugosités oblige à voir ce que l’on préférerait maintenir dans l’ombre. Le qualifier « d’extrême » permet de disqualifier et de rejeter en bloc le messager et ses propos ainsi que la part de vérité qu’il éclaire. 

L’étiquette sert à garder un monde propre en façade, quitte à laisser le désordre là où il fait le plus de dégâts : dans la réalité vécue des gens.

 

Et le rôle délétère des médias de grand chemin ?

Et si le vrai « ministère de la Vérité » n’était plus à Berne ou à Bruxelles, mais dans les rédactions des grands médias ?

 

On ne peut examiner la stigmatisation politique sans parler des « grands médias ». 

Dans un espace public où la majorité des citoyens n’ont pas un accès direct aux faits politiques, ceux qui sélectionnent, hiérarchisent et racontent disposent d’un pouvoir décisif sur la fabrication des étiquettes.

 

Les médias généralistes fixent d’abord la mise à l’agenda, c’est-à-dire la priorisation des enjeux qui saturent l’attention collective. Ils privilégient des cadres dramatiques centrés sur la « menace », la « radicalisation », la « montée des extrêmes », « l’intox », les « dérives complotistes », bref tout ce qui touche de plein fouet la sphère émotionnelle des individus, au détriment d’analyses patientes des textes, des traités, des effets juridiques et institutionnels. 

On sature les gens d’émotions, mais on ne sollicite presque jamais leur capacité à réfléchir lucidement, à tête froide. 

Cette sélection, souvent presque imperceptible, crée une impression : le cœur du danger viendrait des citoyens qui contestent, plus que des dispositifs qui restreignent peu à peu leurs marges de liberté.

 

À cela s’ajoute un autre poison, plus subtil encore : la manière de cadrer les choses, c’est-à-dire l’art de choisir les mots, les images et l’angle qui font basculer en un instant une prise de position de « défense des libertés »  en « dérive extrémiste », sans que le fond ait changé. Une même prise de position peut être présentée comme « défense des libertés » ou « dérive extrémiste », « doute légitime » ou « complotisme » selon l’angle retenu.

 

Un titre, un qualificatif, l’extraction d’une image de manifestation parmi des centaines, la convocation d’un invité caricatural mais tenu pour représentatif d’un courant suffisent à configurer l’imaginaire collectif. 

Le public ne se demande plus : « est-ce que cette critique tient debout ? ». Il l’expédie d’un « oh, encore ces gens-là ! », comme si lever les yeux au ciel suffisait désormais à remplacer la pensée.

 

Vient ensuite l’effet de répétition. Quand, jour après jour, année après année, les médias associent les mêmes vocables,souveraineté / extrémisme, critique des institutions / radicalité, interrogation sur des récits dominants / complotisme, l’étiquette se détache de tout contenu précis. Elle devient un réflexe pavlovien. 

Il n’est même plus nécessaire de prouver que telle personne promeut réellement la haine ou la violence : le simple fait qu’elle tienne certains types de discours suffit à la positionner dans un décor déjà préparé. Comme si le procès était bouclé avant même que le moindre fait ait été examiné.

 

C’est là que le rôle des médias devient véritablement délétère : lorsqu’ils cessent d’être des observateurs pour devenir des co-créateurs d’étiquette. Au lieu de permettre au débat de se clarifier, ils finissent par dicter ce qui est audible sans coût social et ce qui vaudra immédiatement un soupçon. En prétendant protéger la démocratie contre les extrêmes, ils risquent de la vider de sa substance, en intimant à une partie des citoyens de se taire ou de travestir leur discours pour continuer d’exister dans l’espace public. À ce moment-là, ils ne servent plus le public, ils servent leur propre récit, et la confiance qu’on leur accorde devient une arme contre ceux-là mêmes qu’ils devraient aider à comprendre, ajoutant à la division et à la confusion.

 

Pour la personne ciblée, ces étiquettes ne sont pas théoriques. Elles touchent au cœur. 

Pour celui ou celle qui les reçoit, ces étiquettes ne sont pas des concepts abstraits : elles ne collent pas seulement à une image publique, elles viennent frapper en plein cœur.

 

La première blessure est la suivante : être attaqué non pas sur la cohérence des arguments, mais sur l’identité supposée (ce qu’on serait par essence). En clair, on ne s’attaque pas au message et à sa cohérence mais au messager. On ne vous dit pas : « tu te trompes sur telles données, tel article de loi », mais : « tu fais partie des dangereux ».

 

Ensuite vient le risque de repli. La perspective de perdre des relations, une place dans un milieu professionnel, un espace de reconnaissance peut pousser certains  à se retirer du débat public. 

À force de combattre, des voix nuancées se taisent, renoncent, fatiguées d’être systématiquement mal interprétées, ou par crainte que les attaques ne touchent leurs proches. Et, ce faisant, ce n’est pas seulement une opinion qui disparaît : c’est une sensibilité, une expérience, une conscience fine des enjeux qui quittent l’espace public. 

La collectivité se coupe alors, souvent sans même s’en rendre compte, de ressources d’intelligence critique et de courage moral dont elle aura cruellement besoin le jour où les dérives deviendront impossibles à ignorer.

 

À l’inverse, la stigmatisation peut conduire à la radicalisation de certains. Lorsqu’une personne se sent constamment caricaturée, niée dans sa bonne foi, acculée dans ses derniers retranchements, mise à l’écart de toute discussion, elle peut finir par se tourner vers des groupes qui l’accueillent sans nuance, mais avec chaleur. 

L’identification au rôle de « persécuté » peut renforcer un sentiment d’appartenance à des courants beaucoup plus tranchés. Le paradoxe est cruel : à force de traiter comme « extrême » ce qui ne l’est pas, on contribue parfois à le fabriquer.

 

Reste enfin une voie plus intérieure, celle d’une épreuve d’alignement. La personne apprend à ne pas se définir en fonction des paroles qu’on lui jette, mais par la cohérence entre sa conscience, sa parole et ses actes. 

Elle surveille sans relâche le maintien de cette cohérence, de cet alignement entre ses valeurs, ce qu’elle tient pour juste pour elle et jusqu’où elle est capable de tenir cette ligne. 

Cette attitude témoigne d’une éthique solide qui échappe aux étiquettes et forge une vraie force morale. C’est là que quelque chose d’autre naît : une manière d’être au monde où la justice n’est plus seulement un principe abstrait, mais une façon concrète de se tenir debout, et où la joie ne dépend plus de l’approbation sociale, mais de la paix profonde d’avoir refusé de trahir l’essentiel.

 

Quels effets sur la démocratie et sur le lien social ?

Et pendant qu’on s’amuse à coller des étiquettes sur les citoyens comme sur des pots de confiture, la démocratie, elle, file en douce par la porte de service en emportant le lien social dans sa mallette.

 

Sur le terrain politique, la banalisation de la stigmatisation produit des effets structurellement corrosifs.

 

D’abord, elle appauvrit le débat, voire même elle empêche tout débat. 

Au lieu d’examiner des visions du monde de chacun et d’en discuter les arguments, on oppose des identités caricaturées à l’extrême. 

On ne discute plus des textes, des chiffres, des mécanismes, mais des catégories morales : « eux » et « nous ». Le camp du bien, le camp des dangereux. On crée la division. Il devient presque impossible de parler de neutralité sans être sommé de se positionner pour ou contre tel bloc géopolitique, de parler de souveraineté sans être suspecté de fermeture ou de xénophobie, de parler de libertés publiques sans être assimilé à l’anarchie.

 

Ensuite, la polarisation s’en trouve accentuée. Chaque désaccord un peu substantiel est vu comme l’indice d’une radicalisation, chacun se repliant alors sur son camp, tout en redoublant la diabolisation de l’adversaire et en installant la suspicion, non seulement entre partis, mais aussi entre voisins, collègues et membres d’une même communauté. Le lien social se délite, fibre après fibre.

 

Enfin, elle banalise des formes de « répression douce ». On n’a plus besoin d’interdire explicitement certaines opinions ; il suffit de les entourer d’une aura de honte et de danger. Les personnes qui les portent sont tolérées « en théorie », mais en pratique, elles sont disqualifiées, voire ostracisées.

 

Dans un régime qui se prétend démocratique, ce glissement est plus qu’inquiétant, il est explosif. Quand des positions enracinées dans le droit, la Constitution et les libertés fondamentales sont requalifiées d’« extrêmes », ce n’est pas un détail de vocabulaire : c’est le centre de gravité qui se déplace. 

Ce qui constituait hier le socle institutionnel minimal, la protection des droits, la souveraineté du peuple, les garde-fous contre l’arbitraire, se retrouve repoussé vers la marge, dans la zone suspecte. Et, mécaniquement, ce qui était autrefois considéré comme une dérive autoritaire se rapproche du « centre » et devient peu à peu la nouvelle norme. Autrement dit : plus besoin de proclamer la fin de la démocratie ; il suffit de redéfinir comme « extrémistes » ceux qui en défendent encore les fondations démocratiques pour qu’« en douceur », des réflexes totalitaires surgissent.

 

Arts, symboles et résistance au règne des étiquettes

Quand les mots officiels servent à enfermer, il ne reste que l’art, les symboles et les histoires pour rouvrir des portes et redonner un visage à ceux qu’on voulait réduire à une étiquette.

 

On pourrait croire que cette bataille est uniquement juridique ou institutionnelle. Mais elle se joue aussi dans la sphère symbolique et artistique.

 

Les étiquettes simplifient, dénaturent, schématisent. 

L’art, à l’inverse, réintroduit des histoires, des visages, de la consistance humaine. 

Là où le mot « extrémiste » réduit une personne à un mot, un récit, un film, une photographie ou une œuvre littéraire redonnent accès à la singularité d’une vie, à la cohérence de ses choix, à ses contradictions, à ses blessures et à ses élans. 

L’art repersonnalise ce que la propagande s’emploie à dépersonnaliser.

 

Créer, c’est déjà reprendre la main sur le langage que les fossoyeurs de la pluralité et du débat démocratique ont confisqué par la stigmatisation perpétuelle. C’est d’autres mots, d’autres images, d’autres narrations. C’est montrer que sous les étiquettes se trouvent des humains qui cherchent, qui se trompent, qui se relèvent, qui aiment, qui souffrent, qui pensent. C’est remettre du tragique là où on voudrait ne voir que des caricatures, et du comique là où certains se prennent pour des arbitres absolus du Bien.

 

Dans cette optique, défendre les droits fondamentaux, la dignité humaine, la neutralité ou la souveraineté ne relève pas seulement de textes et de scrutins. Il s’agit aussi de préserver la possibilité de récits plus justes, plus nuancés, plus authentiques, des récits où les individus ne sont pas réduits à leur utilité, leur conformité ou leur docilité.

 

Garder le cap au-delà de tout : une profession de foi ?

Quand tout vacille et que les étiquettes pleuvent, il ne reste plus qu’une vraie profession de foi intérieure pour continuer à marcher droit.

 

Face à cette machinerie, un double défi.

 

Ne pas accepter d’être défini par les étiquettes. Continuer de parler la langue du droit, de la conscience et de la réalité vécue, même si l’adversaire tente sans cesse de vous repousser dans des catégories déjà toutes faites. 

Réaffirmer sans cesse que ce qui est en jeu n’est pas l’appartenance à un camp, mais l’adhésion à un socle démocratique prévu par nos institutions. 

Refuser de se justifier à partir d’étiquettes qu’on nous colle sans notre accord, c’est refuser de laisser d’autres décider qui nous sommes à notre place.

 

Ne pas répondre symétriquement, même si la tentation est forte de renvoyer l’adversaire à ses propres étiquettes, c’est refuser d’entrer dans le même jeu de catalogage et de mépris. 

Refuser, à notre tour, de coller des étiquettes aux autres, c’est justement éviter de se retrouver piégés dans le même jeu identitaire et déshumanisant que l’on dénonce. 

Bien au contraire, ouvrir un espace où la réalité peut s’exprimer, 

celle du texte constitutionnel, celle des existences meurtries par des décisions et de la signification de ce qu’est concrètement la liberté pour les individus.

 

Si, un jour, la défense des droits fondamentaux, de la dignité humaine et de la souveraineté populaire est officiellement classée comme un « extrémisme », la question ne sera plus de se situer à droite ou à gauche, ni dans la mesure ou l’excès. 

La véritable interrogation sera la suivante : quel type de société avons-nous laissé s’installer pour que ce qui devrait constituer le minimum démocratique devienne un motif d’exclusion ? Et qu’acceptons-nous de risquer, lucidement, avec courage et même avec joie, afin que l’humain ne s’efface pas sous le poids des étiquettes ?

 

Alors, le jour où défendre l’humain et la Constitution sera officiellement traité comme un crime de pensée, la seule vraie question sera : restera-t-il assez de courage pour dire non, ou bien préférera-t-on se répéter qu’il n’y avait « pas le choix » ?

 
 
 

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